Ce cours vise à analyser les différentes méthodes de recherche utilisées en sociolinguistique et en anthropologie du langage afin de vous initier à l'enquête de terrain dans ces disciplines : observations, entretiens, questionnaires, récits de vie, méthodologie comparative, réflexivité du chercheur sur son terrain, etc. La pratique ethnographique étant fondamentale en sociolinguistique, ce cours vous amènera à mettre en place des dispositifs concrets d'enquête et de pratiquer la sociolinguistique sur le terrain.

Ce cours propose une approche de la sociolinguistique interactionnelle (initiée par Gumperz et développée actuellement par différents courants américains et européens, notamment dans le domaine de la linguistic anthropology), à travers l'étude de la notion de style. Nous discuterons des enjeux théoriques et méthodologiques posés par l'analyse de la variation stylistique, et sur l'articulation entre langage et identité d'une part, et langage et idéologie d'autre part, en nous basant sur des travaux portant sur les "parlers jeunes" en France et au Cameroun ("camfranglais") et sur l'accent en France, aux Etats-Unis et au Cameroun. Après avoir comparé les fondements théoriques et les méthodes de recueil de données et d'analyse du corpus qui distinguent l'approche variationniste, initiée par W. Labov, de l'approche interactionnelle de Gumperz, nous verrons comment l'approche de la variation stylistique en fonction des interactions nous permet d'éclairer la construction du sens social dans la communication quotidienne. A partir de la lecture critique de textes scientifiques en français et en anglais, nous mettrons à l'épreuve les concepts et les cadres théoriques étudiés ("style" vs "variété" ou "registre", idéologie linguistique, audience design, stylisation, performance, indexicalité, multimodalité, etc.) grâce à des analyses de corpus tirés d'interactions verbales variées (forums internet, films, chansons de rap, vidéos Youtube, etc.). Il s'agira de lire, de comprendre et de pratiquer la sociolinguistique, afin de développer une réflexion critique sur l'activité de recherche dans ce domaine et sur ses liens étroits avec des enjeux de société. 

La sociologie de la santé mentale est un champ émergent au sein de la sociologie de la santé. Cet enseignement se propose trois objectifs :

- initier les étudiants, par la lecture critique de textes classiques, à ses principales thématiques.

- montrer le lien de la sociologie de la santé mentale aux enjeux épistémologiques généraux de la sociologie en rapport, entre autres, avec les catégories de norme, d’individu, de bien-être et de mal-être, à la charnière de la psychologie et de la biologie.

- Présenter quelques exemples concrets de recherches empiriques dans le domaine.

Cette UE vise à expliquer dans quel contexte politique et socioéconomique a été construit le concept de développement, comment il a évolué et sur quels présupposés il repose. Il s'agit en creux de déconstruire et de critiquer cette notion de développement, et in fine de démontrer la complexité des réalités qui se cachent derrière une idée apparemment simple. En revenant sur la théorie de la transition démographique, puisqu'elle associe un modèle d'évolution des comportements démographiques en matière de fécondité, de mortalité et de nuptialité à un processus de modernisation sociologique et économique, nous examinerons comment cette théorie a été critiquée et comment elle a évolué en réaction à ces remises en question. Cette perspective permettra notamment de réfléchir à la pertinence d'un modèle unique de développement et à la place de la culture dans l'interprétation des changements démographiques.